ciao bella

Déjà de retour! Eh oui...
Ou : comment passer de "bella ciao" (vous savez, la chanson du partiggiano...) à ciao bella.
En Ligurie, l'ambiance était tout à fait aussi mortelle que la saison (glaciale, il a neigé sur les Apennins et tonné sur les Cinque Terre). Là aussi ("anche in Liguria..." titraient certains journaux), "IL" a fait le plein des voix, et pourtant la sinistra de l'Arcobaleno s'était demenée...
Avant de passer la frontière, j'ai fait un petit arrêt dans le vieil Antibes, dans le quartier où vit ma mère, et qui, avant d'être la proie des spéculateurs, était plein de Geloni, Pellacani et autres... Macaroni. Il y avait le forgeron, le boulanger, le plâtrier... et nous, les filles, avec les restes de la daube du dimanche, les mamma nous apprenaient à faire les ravioli, les vrais. Bref, c'était un autre temps.
Pour prendre la température, j'ai interrogé deux vieilles voisines encore alertes et qui fumaient des Gauloises bleues sans filtre (ça vous en bouche un coin, vous n'en revenez pas, pas vrai? ça aussi, ça paraît presque d'un autre temps). "Vous en pensez quoi de Berlusconi ?", dans une bouffée, les yeux plissés et encore vifs, et d'une voie rauque, avec l'accent : " Ma, Berlusconi, c'est comme Mussolini, capito, tou es trrop jeune pour comprrendrre".
Alors voilà, pour les clichés (vous en reprendrez bien un p'tit, nous, les clichés, on adore ça), à un feu rouge, sur le port de La Spezia, j'ai pris pour vous cette mémé sur son vélo (vous avez vu le cabas noir, j'espère?), et j'aurais pu vous faire la même avec un franciscain en sandales de cuir ou un curé à Genova près du Palazzo Ducale... mais, allez, va pour les clichés, l'Italia e eterna... et ciao bella ! Bacci a tutti.
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